Séances scolaires

Ou "Quand la voix s'en mêle"


Spectacle théâtral écrit et mis en scène par Isabelle Mounier.



Naissance du projet

Ce  spectacle est créé comme un cadeau à mes élèves, jeunes et moins jeunes, comme un hommage vivant à la lecture. Puisse-t-il être également un moment d’étonnement pour les sceptiques et une nourriture pour les amoureux.

J’avais le projet de mettre en forme mon expérience de metteur en scène, de comédienne et de lectrice concernant la pratique de la lecture à voix haute sous la forme classique d’un essai. J’ai finalement choisi de jouer sur mon terrain et créer une forme théâtrale autour du sujet.
Ce spectacle s’inscrit dans la continuité du travail mené avec les ateliers Voix au pupitre et Voix libre, le festival Mai les Envolires et les lectures de textes singuliers aux voix originales et vivantes.
Ce spectacle est également l’opportunité de faire converger mon métier de metteur en scène  et comédienne et cette recherche autour de la lecture à voix haute depuis  huit ans dans la Drôme.

Le texte et la situation théâtrale

Le texte est écrit pour deux personnages. L’une ne s’exprimera pas en direct.

Lise Voca, une chercheuse spécialiste de la voix plus spécifiquement, prépare un film documentaire sur la lecture à voix haute. Son projet est de montrer l’intérêt de la mise en voix de la littérature et dire combien la voix éclaire le texte lu ou entendu. Elle veut mettre en valeur ce qui se joue dans la relation de la voix du lecteur avec celle de l’auteur. Elle veut démontrer qu’il s’agit de provoquer des visions chez l’auditeur. La chercheuse souhaite révéler la part magique de la rencontre d’un texte et d’une voix, celle qui offre lumière et vie à l’écrit. Elle va convier, dans son laboratoire, une personne choisie. Elle a prévu de lui proposer une progression d’exercices qu’elle filmera.
Une relation inattendue avec les textes va s’opérer. A son insu la chercheuse va se trouver confrontée à de nouveaux constats qui vont dépasser ses premières hypothèses.

La mise en voix d’un texte, l’exploration des résonnances intimes est une véritable rencontre avec soi même. Ce travail dresse la personne à la hauteur du texte.
Le livre délivre ! La femme conviée ira de surprise en surprise…

Cette présence au texte, aux mots et à soi se gagne. Elle est semée d’empêchements, de résistance, d’à priori.

Le corps est l’allié, le vecteur, le lieu de passage. Curieusement les mots délient, dénouent, délivrent, donnent du souffle, de la matière vivante. Mais comment mobiliser ce fichu corps ? Comment simplement l’écouter vibrer ?

C’est la rencontre entre deux souffles, celui du lecteur et celui de l’auteur, qui va provoquer chez le lecteur et l’auditeur une véritable jubilation, une sensation rare d’être pleinement vivant.

La lecture sonore provoque du désir : désir de langue vivante, de mots des autres, de poétique.

Il se trouve que le désir nait littéralement de la rencontre, de la confrontation avec les textes.

Aspect scénique

Les deux personnages

La chercheuse filme, on ne la voit pas, on la devine. Elle est du côté des spectateurs.
Elle est également rendue vivante par le questionnement, les réponses et les attitudes de son cobaye préféré mis en scène. La protagoniste est une femme qui aime la lecture. Elle  sera déstabilisée au rythme des rendez-vous. Ses progrès et ses surprenantes révélations déclenchent souvent rires et sourires. Le spectateur assistera à une transformation subtile de sa personne. Il s’agit aussi d’une renaissance.

Scénographie

La scène est censée figurer un espace de travail qui fait la part belle au vide où tout est possible, où l’acteur est le centre de toutes les forces. Sur scène quelques livres, une table, une chaise et un écran. L’écran est une baie vitrée , fenêtre ouverte sur des ciels mouvants et différents sur les 9 scènes.. Cette fenêtre est un élément concret, la frontière entre dedans et dehors et entre le lieu de l’expérience et la vie...
Ce dépouillement est une promesse : faire de la place à l’inattendu  et accueillir l’émergence de nouveautés.

Le temps

La pièce se déroule sur une période de quelques mois .Nous voyons l’évolution du personnage dans les dialogues eux-mêmes et la progression du travail de la chercheuse. Nous sentons que le temps passe  et qu’il contribue à la transformation de cette femme par des changements dans le lieu et l’aspect physique de la protagoniste. Sa voix évolue, sa présence physique, son rapport à l’autre et à l’espace. En ce sens la construction de cette pièce de théâtre est séquentielle et s’apparente au cinéma.

La vidéo

C’est le moyen qu’a choisi la chercheuse pour s’exprimer et rendre visible ses travaux.
Son film aura le titre évocateur et imagé de « Confluence ».

Nous verrons quelques textes projetés mettant le spectateur dans la même situation que le personnage. Les a priori vis-à-vis de la poésie vont être déjoués sous les yeux des spectateurs.


INTERET POUR DES COLLEGIENS ET LYCEENS :

« L’homme qui lit de vive voix s’expose absolument ».


- Ce spectacle est avant tout un hymne à la vie qui fait la part belle à la joie de la littérature, au plaisir poétique, à la curiosité.

- Il ne donne aucune leçon, il met en scène une personne commune avec des désirs et des empêchements voir des renoncements. Un jeune élève, un étudiant  peut aisément s’identifier au personnage. Le spectateur assiste aux progrès et aux découvertes.

- Les mots sauvent et sont une matière vibratoire qui touche la personne entière et c’est visible sur scène.

- Le spectacle met en scène quelqu’un qui cherche et qui trouvera dans un effort joyeux en s’appuyant sur des écritures, en écoutant de tout son être parler le texte.

- Le spectacle est une mine d’informations vivantes à l’intention de la lecture et plus spécifiquement de la lecture à voix haute. Il éveille un questionnement sur la présence aux mots, sur la voix, le rythme qui fait sens…

- Le spectacle fait entendre des extrais de Violette Leduc dans sa biographie, un texte d’Enfance de Nathalie Sarraute, un poème de Valérie Rouzeau et de Bernard Noel.
Le choix des textes n’est pas innocent….

C’est l’histoire d’une transformation, une métamorphose jubilatoire.

Le spectacle dure 1heure 20. Il peut être suivi d’une rencontre avec la comédienne. Cette séquence n’est absolument pas nécessaire à la compréhension du spectacle.


"C'est par la voix que l'homme s'ouvre à lui-même et à l'autre".    Denis Vasse